Qualité de l’eau de mer : conséquences sur la pêche industrielle


La pollution va-t-elle condamner l’être humain ? Sans tomber dans le misérabilisme, il y a une réelle urgence. Spécifiquement pour les océans et les mers. Lorsqu’on réalise qu’en un demi-siècle, la capacité de la flotte européenne a triplé et celle de la flotte asiatique a été multipliée par quinze, cela laisse songeur… D’autant plus à écouter Daniel Pauly, professeur à l’université de Colombie-Britannique à Vancouver, qui laisse peu d’espoir : « A 100 ou 200 mètres de profondeur, sur le plateau continental, il ne resterait plus que 1% à 2% des stocks d’antan ».

La provenance de la pollution marine
L’essentiel de la pollution retrouvée en mer provient principalement de trois secteurs : l’industrie, l’agriculture et des ménages. Si les deux premiers représentent le deux tiers de la répercussions sur les océans, les usages domestiques n’en restent pas moins une cause non-négligeable. Comme le précise,NotrePlanète.info, « le rejet des eaux usées dans les écosystèmes côtiers augmente l’activité microbienne par la fourniture de matière organique. Ces microbes et micro-algues épuisent l’oxygène et créent des zones mortes où les autres espèces marines ne peuvent survivre ».Comment le plastique finit dans l’estomac humain
La conséquence des déchets humains dans les océans touchent évidemment les poissons. Mais en réfléchissant deux minutes, que deviennent les plastiques, les métaux lourds, les pesticides, le pétrole et autres polluants une fois ingérés par les animaux aquatiques que l’on retrouve à la criée et dans les étals de commerçants ? L’ingestion de ces microparticules toxiques ont un effet dévastateur sur la biodiversité marine, qui se répercute sur le haut de la chaîne alimentaire. Autrement dit, l’homme. Le serpent (de mer) se mord la queue…

Revêtement du navire et règles d’hygiène douteuses
Il serait bon que les patrons de pêchent réalisent que la conception de leur navire joue sur la pollution de l’eau de mer. En effet, afin d’éviter la contamination du poisson par l’eau de cale, les eaux résiduaires, sans oublier la fumée, le carburant ou encore l’huile, le bateau doit être conçu avec du matériel qui résiste à la corrosion, mais aussi facile à nettoyer et à désinfecter. Cela passe par un revêtement solide et non toxique. De précieux conseils de l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature), malheureusement « oubliés » par certains.
Il est également primordial de changer certaines mauvaises habitudes du personnel naviguant. Encore faut-il que l’aménagement des parties communes le permettent. Cela passe par la marche en avant, la séparation des circuits et le respect de la capacité
de stockage. Trop souvent, les navires de pêche évacuent leurs déchets organiques de façon archaïque. Des résidus qui ne devraient pas partir systématiquement à la mer ; une partie devrait rejoindre une citerne.

Les subventions contribuent à la surpêche et à la pollution de l’eau
L’association à but non lucratif Bloom met à disposition sur son site, depuis septembre 2011, les principales conclusions d’un rapport indépendant sur les pêches profondes en France. Combien de citoyens savent que 185 publications scientifiques internationales documentant les impacts du chalut de fond sur les espèces marines et les habitats ? Toutes mettent en évidence le caractère destructeur de cette activité des professionnels, alors qu’aucune ne démontre qu’elle représente un avenir durable dans le respect des écosystèmes. Le plus choquant provient du faut que les patrons de navires paient un carburant détaxé. Pour les chalutiers profonds, l’avantage fiscal se chiffre au minimum 35 % à 40 % du chiffre d’affaires. Moralité : les impôts des Français financent la pollution de l’eau de mer et favorise la destruction des grands fonds.
A noter aussi la remarque des Canadiens de la Cosepac : « la surpêche dans les provinces de l’Atlantique n’a pas seulement entraîné une diminution des stocks de poissons, mais une modification de la composition des communautés ». La conséquence directe se traduit par un déséquilibre dans le déclin et l’extinction de nombreuses espèces. « La morue de l’Atlantique a été décimée par la surpêche tandis que le doré bleu, espèce rare endémique au lac Érié et présentant des caractéristiques écologiques exceptionnelles, a disparu pour cause de surpêche.Sur le banc Georges, entre 1963 et 1986, la proportion de morues dans les prises a régressé de 55 % à 11 % tandis que la proportion de « roussettes » passait de 2 % à 41 %.