Débat sur la transition énergétique: quelles solutions concrètes pour quelles avancées ?


Dans quelques mois, le gouvernement présentera son projet de loi sur la transition énergétique, après de longues semaines de débats citoyens et de concertation. À l’aube de cette échéance, il est pertinent de se pencher sur les différentes solutions existantes et les résultats escomptés d’un tournant environnementaliste.

Radicalité allemande

La catastrophe de Fukushima, survenue en 2011, a fait figure d’électrochoc et de second rappel 25 ans après le premier accident à Tchernobyl. Dans le concert des nations, l’Allemagne a fait entendre sa voix, dissonante et résolument radicale, en décidant le retrait pur et simple du nucléaire civil de son mix énergétique. Si cette énergie représente moins d’un quart de la production électrique allemande à ce moment (24%), elle reste plus élevée que la part des énergies renouvelables (17%) et du gaz naturel (14%). La 13ème loi relative au nucléaire, largement adoptée en juin 2011, prévoit l’arrêt immédiat de huit centrales (8400 MW) et l’arrêt progressif des neuf autres d’ici 2022. En janvier 2014, Sigmar Gabriel (ministre de l’Économie et de l’Énergie) présente un document qui fixe plusieurs objectifs parmi lesquels la hausse de l’électricité verte à 55 ou 60% du mix énergétique en 2035.En France, le gouvernement s’est donné comme horizon 2025 et souhaite porter à 50% la part du nucléaire dans la production d’électricité (contre 78,7% aujourd’hui). Pour compenser cette perte, les énergies renouvelables seront développées et toute une batterie de mesures devrait être révélée au printemps prochain.

Nucléaire: quelles alternatives pour quels résultats ?

Les sources d’énergies renouvelables sont multiples et diverses. La première est l’hydroélectricité, qui tire sa force des fleuves et des rivières. En 2011, sa part s’établissait à 9% dans le mix énergétique français. Elle a plusieurs atouts, parmi lesquels son faible coût d’exploitation et sa faible émission de gaz à effet de serre. Pourtant, si elle représente une grande part des énergies renouvelables en France, l’hydroélectricité se montre aussi nocive, notamment pour certains écosystèmes qu’elle peut dérégler lors de la construction de barrages.

Bien connue des Français, l’énergie éolienne constitue une autre forme d’électricité verte. Fin 2013, cette forme-là produisait près de 8,2MW du mix français. Elle nécessite des vents compris entre 11 et 90 km/h, ce qui fait d’elle une source d’énergie plus ou moins aléatoire. Certains critiquent également la dénaturation du paysage engendrée par l’installation d’éoliennes.

L’énergie solaire thermique se présente comme l’une des formes les moins polluantes. En réorientant la chaleur produite par le rayonnement solaire, elle a plusieurs utilités: le chauffage des bâtiments à l’aide de capteurs ou la production d’électricité. Comme l’énergie éolienne, elle n’est pas totalement efficiente et nécessite une implantation stratégique.
La biomasse (0,8%) et l’énergie solaire photovoltaïque font partie des autres solutions envisagées par les autorités françaises.

Au final, chaque énergie alternative s’appuie sur des atouts et des faiblesses. La grille de lecture contenant plusieurs colonnes – coût de production, impact sur l’environnement, dépendance au vent etc – il convient de varier les sources de production pour assurer un rendement électrique efficace.